Le temps

( la vitesse et le son )

Comme les heures semblent lentes
Aux yeux de l’enfant à l’école !
Elles deviennent permanentes
Avec l’adulte qui s’isole
Et puis paraissent transparentes
Autour du vieillard qui somnole.

Un enfant dit n’importe quoi,
Le principal est dans son cri.
L’adulte veut prouver sa foi
Fixe à jamais comme aujourd’hui ;
Puis le vieillard parle pour soi
Dans une angoisse de l’oubli.

Le temps est-il dans la paresse
A l’âge que l’on dit si tendre ?
Alors qu’une calme tendresse
Est un cœur qu’on a voulu prendre,
Ingrat, bruyant, on le délaisse…
On n’a pas le temps de comprendre.

Poussé, bousculé dans le temps,
Chahuté par beaucoup de bruit,
Rien ne pourra durer longtemps
Le calme ayant été détruit.
Ainsi défilent les printemps
S’alourdissant à chaque nuit.

16 avril 1979