Clarté de coeur

( la bougie et le chandelier )

La seule épouse qui domine
Un doux mari de sa personne
Est la bougie ; elle illumine.
Avec chaleur elle se donne
Entière, s’enfonce câline
En un cœur où l’amour frissonne.

Le chandelier restait muet
Quand il dormait seul chaque soir
Sur une table de chevet ;
Personne ne venait le voir !
Pourtant, il connut le secret
D’être conçu pour recevoir.

Blanche, la jeune demoiselle
Arriva toute rayonnante ;
On l’estima pour la plus belle !
Or, si le coup de foudre enchante,
Il finit par une querelle
Où le fier amant s’épouvante…

Se faire dominer ainsi
Par une femme sans valeur ?
Il la repoussa sans merci
Disant qu’il était supérieur…
Puis pleura déclarant ici
L’aveu d’être laid sans un cœur.

23 février 1977