Théâtre

( la cour et le jardin )

Dans le jardin toutes les roses
Ayant un don de complaisance,
A chaque instant, pour toutes choses
On leur demande une séance,
Un soutien pour les cœurs moroses
En quête d’un mot de confiance.

Dans la cour, c’est l’autre côté ;
Chacun désire le pouvoir,
On veut obtenir la gaieté,
La créer du matin au soir ;
Chiens, chevaux en nervosité
Ne piétinant que le trottoir.

Au jardin le monde s’amuse
Au son banal des voix humaines,
Aux gestes quand tout homme accuse
Un semblable en paroles vaines.
Une cour ? Un théâtre où s’use
Un refrain de langues vilaines.

Un paradoxe sans pardon
S’est installé dès le matin…
-Voyez, dit le rhododendron
A son ami le romarin,
La belle près de ce garçon
Lui faisant la cour au jardin.

26 mai 1982