Sur les vagues

(la mer et le vent)

Reste mon dieu, je me soumets
A tes inéluctables lois.
Par tes nuages tu promets
De rester sage mais parfois
Tu fais renaître tes soufflets
Et ne produis que des effrois.

Immense reine, chère eau pure,
Aurais-tu donc oublié l’onde
Où j’ai voulu pour ta nature
Immortaliser tout un monde ?
Il me faut chanter ! L’envergure
Est là pour varier la ronde.

Tu n’es qu’un infâme imposteur !
Tu me couvres de ton ciel gris,
Tu provoques l’horrible peur
De mes bateaux dans les roulis
Et les tangages de malheur.
Ta violence !…Et tu souris.

Aimerais-tu, douce marquise,
Une atmosphère de silence
Ôtant le plus petite brise ?
Accepte ainsi ma révérence
Et chaque voile te méprise
Au manque de mer en cadence…

16 octobre 1980